L’accessibilité face aux préjugés, encore des efforts à fournir

Personne en fauteuil roulant utilisant un ordinateur portable, illustrant l'accessibilité
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Depuis quelques années, les sites Web publics se doivent d’être accessibles au plus grand nombre. Ceci dans le but de favoriser le partage de connaissances entre le maximum de personnes. Même pour un logiciel métier, il est primordial de mettre en place certaines règles afin d’intégrer au mieux tous les types d’utilisateurs. Malgré cette importance, l’accessibilité est encore sujette à de nombreux préjugés, même chez les professionnels de l’informatique. Nous allons ici parcourir quelques idées reçues. L’objectif étant de mieux comprendre le rôle et l’utilité de l’accessibilité.

Définition et législation

D’après l’organisme W3C (World Wide Web Consortium), l’accessibilité du web a pour objectif que :

“les sites web, les outils et les technologies soient conçus et développés de façon à ce que les personnes handicapées puissent les utiliser. »

Plus précisément, les personnes peuvent :

  • percevoir, comprendre, naviguer et interagir avec le web.
  • contribuer sur le web” [2]

En France, les services de communication publique en ligne doivent appliquer les recommandations internationales pour l’accessibilité du web. Ceci depuis le 11 février 2005, avec la « loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ».

Malgré ce caractère obligatoire, quelques réticences persistent.

Quelques préjugés et leurs explications

Préjugé #1 : « L’accessibilité ne sert qu’à peu de personne, elle est donc inutile »

On pense souvent que l’accessibilité ne se limite qu’aux personnes en situation de handicap, en minorité. Or, en novembre 2021, plus d’un milliard de personnes sont considérées en situation de handicap d’après l’Organisation Mondiale de la Santé [1]. Ceci représente 15% de la population mondiale.

Outre cette population, toutes les personnes sont susceptibles de connaître un handicap provisoire, qu’il soit dû à une blessure, à la vieillesse ou encore à l’environnement.

En dehors de ces handicaps permanents ou provisoires, un site accessible a pour but de toucher toutes les catégories de personnes. Réfléchir à l’accessibilité d’un site Web c’est penser, dès sa conception, son ergonomie. C’est faire en sorte que l’outil s’adapte à ses utilisateurs, et non l’inverse. C’est également réfléchir à l’organisation des informations et des fonctionnalités de l’application. 

L’accessibilité a par conséquent une portée universelle. Elle vise à prendre en compte tous les utilisateurs, quels que soient leurs capacités, leurs moyens ou leurs supports de navigation.

Préjugé #2 : « L’accessibilité est difficile à mettre en place »

Pour qu’un site soit accessible, il doit respecter certaines normes. Des règles permettent de caractériser ces normes. Chaque règle a un niveau de priorité compris entre 1 et 3.

Les règles de base (légender les images, faire des phrases courtes) ne demandent que très peu de technicité. Les règles plus élaborées peuvent requérir plus de réflexion. Cependant, il est globalement facile de mettre en place les règles si elles sont connues de toutes et tous et établies en amont.

Préjugé #3 : « L’accessibilité est inutile, car les personnes handicapées ne sont pas mon cœur de cible « 

Comme dit précédemment, l’accessibilité ne concerne pas que les personnes en situation de handicap. Néanmoins, avoir un site accessible, c’est augmenter son potentiel nombre d’utilisateurs. En effet, les moteurs de recherche indexent mieux les sites accessibles. L’accessibilité permet donc une meilleure visibilité. 

Préjugé #4 : « L’accessibilité coûte cher »

Si elle est pensée dès la conception de l’application, l’accessibilité ne requiert pas de coûts supplémentaires et sera intégrée dans le développement. Des coûts sont à prévoir seulement si elle doit être intégrée après le développement de la solution.

Préjugé #5 : « L’accessibilité rime avec pauvreté graphique »

Le code source de l’application porte l’accessibilité. Pour un utilisateur classique, il est impossible de distinguer une application accessible d’une autre non-accessible, seulement en se fiant au graphisme des pages. 

Résumé

  • L’accessibilité ne concerne pas que les personnes en situation de handicap, mais l’ensemble des utilisateurs. 
  • Facile à mettre en place, pensée dès la conception, elle ne nécessite aucun coût supplémentaire.
  • Les applications respectant les règles d’accessibilité ont une plus grande visibilité.
  • L’accessibilité n’impacte pas les graphismes de l’application.

Cet article a été publié dans 4SH UX.

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Sources

[1] Organisation Mondiale de la Santé. (2021, 24 novembre). Handicap et santé. Consulté le 12 décembre 2021, à l’adresse https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/disability-and-health 

[2] Shawn Lawton Henry., W. C. W. A. (2019, 5 juin). Introduction à l’accessibilité du web. Web Accessibility Initiative (WAI). Consulté le 12 décembre 2021, à l’adresse https://www.w3.org/WAI/fundamentals/accessibility-intro/fr

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